Un café avec ... Fabienne Luneau préparatrice en pharmacie hospitalière, référente de la rétrocession de l'hôpital Haut-Lévêque

Certains médicaments ne se trouvent pas en pharmacie de ville. Pour les obtenir, les patients doivent se rendre à la pharmacie hospitalière, dans un service appelé rétrocession. Mais comment fonctionne-t-il ? Où le trouver ? Comment orienter les patients ?
Réponses avec Fabienne Luneau, préparatrice en pharmacie hospitalière, référente de la rétrocession de l'hôpital Haut-Lévêque.
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Fabienne Luneau, préparatrice en pharmacie hospitalière, référente de la rétrocession de l'hôpital Haut-Lévêque

Qu'est-ce que la rétrocession ?

Lors d'une consultation médicale ou d'une sortie d'hospitalisation, le patient reçoit une ordonnance comprenant des médicaments à récupérer en pharmacie. Si la plupart sont disponibles en officine de ville, certains ne peuvent être dispensés qu'en pharmacie hospitalière, dans le cadre de la rétrocession. Au CHU de Bordeaux, ces médicaments sont délivrés dans trois sites : à l'hôpital Saint-André, à l'hôpital Pellegrin et à l'hôpital Haut-Lévêque.
Les traitements concernés relèvent souvent de l'innovation thérapeutique. Ils permettent de prendre en charge des maladies rares ou graves. Leur dispensation est strictement encadrée, notamment pour des raisons de sécurité sanitaire, et leur coût peut être très élevé. 

Pouvez-vous me donner un exemple de médicament que vous dispensez ?

Je dispense, par exemple, des médicaments prescrits pour traiter des patients atteints de myélome. Je m'assure que je leur délivre la quantité nécessaire pour leur cure, je leur rappelle l'heure de la prise, et  parmi les différents conseils que je leur donne j'insiste par exemple  sur le fait de bien s hydrater pendant toute la durée de leur traitement. Je vérifie de bien avoir leur carnet de suivi, essentiel pour la sécurité des patients.

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai d'abord travaillé en pharmacie d'officine de ville avant de rejoindre le CHU en 2018. Puis, avoir suivi une formation qualifiante, je suis devenue préparatrice en pharmacie hospitalière. J'ai commencé à l'unité de reconstitution des cytotoxiques, où sont préparées les chimiothérapies injectables, pendant deux ans. Aujourd'hui, je suis préparatrice référente de la rétrocession à l'hôpital Haut-Lévêque. 
 

Quels sont les enjeux de votre service ? 

Beaucoup de patients ignorent que certains médicaments ne sont disponibles qu'à l'hôpital. L'un de nos principaux enjeux est donc d'améliorer leur parcours, afin qu'ils sachent facilement où récupérer leur traitement.
 

Quel est votre quotidien ?

A la rétrocession de l'hôpital Haut-Lévêque, nous recevons entre 50 et 60 patients par jour. Ma priorité est de vérifier l'identité du patient afin de garantir une dispensation sécurisée.
J'analyse ensuite l'ordonnance pour délivrer la bonne forme pharmaceutique et le bon dosage. J'accompagne également les patients en leur expliquant comment prendre leur traitement, à quel moment et dans quelles conditions. Je les informe aussi sur les effets secondaires possibles liés à leur traitement. La plupart des médicaments sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Une partie de mon travail consiste également à échanger avec la direction des affaires financières pour assurer la facturation. La rétrocession du CHU de Bordeaux facture ainsi plusieurs millions d'euros chaque année à l'Assurance Maladie.
 

Un mot pour résumer votre métier ?

Echange. Chaque jour, je prends le temps d'échanger avec les patients, les accompagne à prendre et comprendre leur traitement. Certains se montrent très reconnaissants de ce temps. J'apprécie de travailler en collaboration avec les services de soins et mes collègues préparateurs des différents sites et le pharmacien référent.