Un café avec... Dre Stéphanie Olive, médecin urgentiste et Christophe Carti, assistant de régulation médicale (ARM)
Derrière chaque appel au 15, une équipe est mobilisée 24h/24 au SAMU pour évaluer l'urgence et sauver des vies. La Dre Stéphanie Olive, médecin urgentiste et Christophe Carti, assistant de régulation médicale (ARM), répondent aux patients et à leurs proches qui appellent le 15. Les épidémies hivernales et la grève des médecins libéraux ont engendré une augmentation de 30 % des appels. Pendant une journée « normale », 1 600 dossiers sont traités au service SAMU - SMUR du pôle urgences du CHU de Bordeaux. Les équipes ont traité jusqu'à 4 000 dossiers entre le 15 décembre et 15 janvier.
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Stéphanie Olive et Christophe Carti
Quelles sont vos formations ?
Dr Stéphanie Olive :Je suis médecin urgentiste. Je suis donc amenée à travailler à la régulation téléphonique, à partir en intervention avec le SMUR et à soigner les patients qui arrivent aux urgences. Chaque pièce de ce puzzle me passionne et m'apporte des défis différents : à la régulation il faut réussir à établir un premier diagnostic sans voir le patient.
Christophe Carti :
Je suis aide-soignant de formation. J'ai demandé une mobilité interne et passé mon diplôme d'ARM pour rejoindre la régulation il y a 10 ans.
Comment fonctionne la régulation du CHU de Bordeaux ?
Christophe Carti :L'appel est pris en charge par un assistant de régulation médicale (ARM). Il qualifie le niveau de gravité. Si l'urgence n'est pas vitale, l'appel passe en niveau 2 pour préciser le cas : adresse, numéro de téléphone, code d'accès au lieu de résidence ainsi que les antécédents médicaux, le nom du médecin traitant, etc. L'appel est ensuite transféré en niveau 3, vers un médecin généraliste ou urgentiste ou vers une spécialité, le centre antipoison par exemple.
Dre Stéphanie Olive :
J'interviens au niveau 3. Depuis 3 ans, le CHU de Bordeaux s'est doté d'un 4ème niveau en charge de trouver une consultation en urgence mais sans passer par les urgences : chez un médecin de ville par exemple. Les jours de semaine, une infirmière psy, détachée de l'hôpital Charles Perrens, prend également les appels de patients qui ne sont pas en détresse mais qui ont besoin d'une écoute d'urgence.
Nous avons également dans l'équipe une infirmière de tri qui tient à jour la liste des places disponibles dans les différents établissements et services pour limiter la surcharge des hôpitaux.
Nous avons également dans l'équipe une infirmière de tri qui tient à jour la liste des places disponibles dans les différents établissements et services pour limiter la surcharge des hôpitaux.
Quels sont les enjeux de votre service ?
Christophe Carti :Limiter au maximum le nombre d'appels en salle d'attente. Il faut que le SAMU - SMUR soit en capacité de décrocher en moins de 60 secondes ! Le premier contact doit permettre d'établir s'il s'agit d'une urgence vitale. Le cas échéant, nous faisons faire les premiers gestes de secours à la personne qui téléphone et nous envoyons les pompiers et le SMUR.
Dre Stéphanie Olive :
Les jours ne se ressemblent pas et certaines périodes sont très intenses, de mi-décembre 2025 à mi-janvier 2026 par exemple. De nombreux patients touchés par la grippe ou des symptômes grippaux pendant les fêtes ont eu une surinfection pulmonaire dans les semaines qui ont suivies. Cette période de surinfection est tombée pendant la grève des libéraux. Nous avons eu du renfort de la part d'ARM et médecins pour absorber cette charge de travail.
Un mot pour résumer votre métier :
Dre Stéphanie Olive :Passionnant. Nos journées sont très variées, nous croisons de nombreuses pathologies sur une garde et devons rester en alerte constamment.
Christophe Carti :
Prenant. Nous avons des vies au bout du fil et nous sommes face à la détresse des gens qui téléphonent. Pendant nos 12h de garde, nous enchaînons les appels, il faut réussir à garder la tête froide.
