Novembre, mois de la santé masculine : parlons dépistage !

Chaque année en novembre, la moustache se porte pour la santé des hommes. Cancer de la prostate, cancer du testicule : ce mois de sensibilisation, connu sous le nom de Movember, rappelle qu'en parler tôt, c'est se donner les meilleures chances. Le CHU de Bordeaux s'y associe et fait le point sur le dépistage et sur les prises en charge innovantes qu'il propose.
Ce site utilise Matomo pour analyser votre navigation dans le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).
Voulez-vous nous aider à améliorer le service offert en autorisant Matomo à collecter ces informations ? En savoir plus

  

Movember, c'est quoi ?

Novembre, mois de la santé masculine : parlons dépistage

Movember est un mouvement international de sensibilisation aux cancers masculins et à la santé des hommes en général. Pendant tout le mois de novembre, la moustache devient le symbole d'un message simple : les hommes consultent trop peu et trop tard. L'objectif est de faire parler de ces cancers, de lever les tabous et d'encourager chacun à échanger avec son médecin.

Le cancer de la prostate en quelques chiffres

 
  • Près de 60 000 nouveaux cas par an en France : c'est le cancer le plus fréquent chez l'homme.
  • Plus de 9 000 décès par an : 2e cause de mortalité par cancer chez l'homme.
  • Environ 1 homme sur 9 concerné avant 75 ans.
  • Plus de 90 % de survie à 5 ans, et une guérison dans la grande majorité des cas lorsqu'il est découvert tôt. 
  • Environ 643 000 hommes vivent aujourd'hui en France avec un cancer de la prostate ou en ont été traités.

Sources : Institut national du cancer (INCa), Panorama des cancers en France, édition 2024 
INCa, « Le dépistage du cancer de la prostate », cancer.fr.

Pourquoi parler de dépistage ?

À ses débuts, le cancer de la prostate ne provoque le plus souvent aucun symptôme. C'est tout l'intérêt de la démarche de dépistage : le détecter à temps, quand les options de traitement sont les plus nombreuses et les mieux tolérées. Parlez-en à votre médecin.

•    Qui est concerné ? Les hommes de 50 à 75 ans, et dès 45 ans en cas d'antécédents familiaux de cancer de la prostate ou d'origine africaine ou antillaise, deux facteurs de risque identifiés par l'INCa. 
•    Comment ça se passe ? Une simple prise de sang, le dosage du PSA. Si le résultat est normal, il est renouvelé tous les deux à quatre ans.
•    Et si le PSA est anormal ? Une IRM de la prostate complète le bilan. Elle permet d'éviter de nombreuses biopsies inutiles et de mieux cibler celles qui sont nécessaires.
•    Et le toucher rectal ? Il n'est plus systématique.

Tous les cancers de la prostate ne nécessitent pas un traitement immédiat : les formes peu agressives font souvent l'objet d'une simple surveillance.
Consultez sans attendre en cas de troubles urinaires, d'éjaculations douloureuses ou de troubles de l'éjaculation. Ces signes ne veulent pas forcément dire cancer (hypertrophie bénigne, prostatite), mais ils méritent un avis médical.

Une occasion de faire le point sur sa santé

Le dépistage est aussi le moment de rencontrer un urologue pour parler des troubles urinaires ou sexuels qui peuvent apparaître avec l'âge. Souvent vécus comme une fatalité, ils se soignent pourtant dans la plupart des cas. C'est aussi l'occasion d'aborder la santé masculine au sens large, notamment le rôle de l'alimentation et de l'activité physique dans la prévention de certains cancers.

Au CHU de Bordeaux : des prises en charge innovantes

Le CHU de Bordeaux s'engage à renforcer le dépistage précoce, améliorer le diagnostic, optimiser les traitements et accélérer la récupération des patients. Il propose notamment trois approches innovantes.

Le traitement focal par HIFU robotisé (Focal One®)
Piloté par le Pr Franck Bladou, ce traitement utilise des ultrasons focalisés de haute intensité pour cibler et détruire avec précision une zone localisée de la prostate, tout en préservant les tissus sains environnants. Il ne nécessite ni chirurgie, ni incision, ni rayonnement et limite les effets secondaires. Il est réservé à des patients rigoureusement sélectionnés.

La radiothérapie externe stéréotaxique 
Réalisée depuis 2021 dans le service d'oncologie radiothérapie du CHU de Bordeaux par les Drs Nicolas Giraud et Thibaud Haaser, cette modalité innovante de traitement permet de réduire fortement la durée des soins, avec désormais 5 séances nécessaires (au lieu des 20 à 40 auparavant). Ces nouvelles technologies, accessibles notamment avec la machine Cyberknife ®, contribuent à améliorer le confort et la qualité de vie des personnes soignées.

La radiothérapie interne vectorisée (RIV)
Ouvert en 2025 à l'hôpital Haut-Lévêque, au sein du service de médecine nucléaire, un secteur ambulatoire de six espaces, dirigé par la Dre Ghoufrane Tlili, est dédié à cette technique. Une molécule radioactive (Lutétium-177 PSMA) se fixe spécifiquement sur les cellules cancéreuses de la prostate et leur délivre une dose de radiation, en épargnant davantage les tissus sains. Elle s'adresse aux cancers avancés, notamment métastatiques et résistants aux traitements conventionnels. Elle est mieux tolérée que la chimiothérapie : elle freine la progression de la maladie, fait le plus souvent baisser le PSA et peut réduire les douleurs. Les patients sont orientés par leur oncologue après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire. Le traitement se déroule en hôpital de jour : le plus souvent 4 à 6 cures espacées de 6 semaines, d'une demi-journée chacune.

La recherche, pour aller plus loin

Soigner mieux passe aussi par la recherche. Le CHU de Bordeaux mène actuellement 20 projets de recherche sur les cancers masculins, dont 18 sur le cancer de la prostate et 2 sur le cancer du testicule. Parmi eux : 
- PRIMO, un projet financé dans le cadre du Programme d'actions intégrées de recherche (PAIR) Prostate, coordonné par le Pr Grégoire Robert 
- et PRECEPTHIQ une recherche paramédicale dirigée par Mme Sylvie Marty.

Ces projets permettent d'améliorer le diagnostic, d'affiner les traitements et d'ouvrir de nouvelles options aux patients, à l'image des techniques présentées ci-dessus. Tout au long du mois de novembre, nous vous invitons à découvrir plusieurs de ces projets sur nos réseaux sociaux.

Le 13 novembre, le CHU monte sur la glace

Dans le cadre du partenariat entre le CHU et les Boxers de Bordeaux, le Pr Grégoire Robert, chef du service d'urologie, andrologie et transplantation rénale, prendra la parole le 13 novembre lors du match à la patinoire de Mériadeck pour rappeler l'importance du dépistage. On vous y attend ! 

Informations 4 novembre 2026