Maladies mitochondriales de l'enfant et de l'adulte


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©V Burger/Phanie


CENTRE DE REFERENCE DES MALADIES MITOCHONDRIALES DE L'ENFANT ET DE L'ADULTE (CARAMMEL)


Labellisé en 2005
Associé : Pr Didier LACOMBE - Chef du service de génétique médicale, Groupe Hospitalier Pellegrin - CHU de Bordeaux
Coordonné par l'Hôpital Necker, Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Pr Arnold MUNNICH

service Genetique Medicale CHU Bordeaux
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QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES DE LA MALADIE ? 

Les maladies mitochondriales constituent un ensemble de déficits héréditaires de la phosphorylation oxydative (*) responsables d'un défaut de consommation d'oxygène et de production d'énergie.

Ces maladies se manifestent à tout âge (nouveau-né, nourrisson, enfant, adolescent,adulte) par des signes d'appel très différents. Les patients sont donc initialement pris en charge par des médecins de spécialités variées : neurologues, réanimateurs,pédiatres, généticiens, endocrinologues, diabétologues, néphrologues, cardiologues, hépato-gastro entérologues, ophtalmologistes, ORL...

L'évolution se fait inexorablement vers l'atteinte d'autres organes et c'est précisément cette atteinte multi viscérale et l'aggravation inexorable qui mettent sur la voie du diagnostic.



COMBIEN DE PERSONNES SONT CONCERNEES ? 

L'incidence estimée est de 1/4000 naissances, soit environ 200 nouveaux cas par an en France. Faute de données épidémiologiques précises, l'incidence réelle n'est pas connue mais il est vraisemblable qu'elle soit supérieure à ce chiffre.



A QUOI EST-ELLE DUE ?

Les maladies mitochondriales sont dues à des mutations sur les gènes impliqués dans les fonctions mitochondriales. Cela peut concerner les gènes « classiques » sur les chromosomes dans les noyaux des cellules ou les gènes spécifiques dans la mitochondrie, ce qui complique le conseil génétique.



QUELLE EST SON EVOLUTION ?

On connaît aujourd'hui près d'une centaine de formes cliniques de maladies mitochondriales et près de la moitié de ces formes mettent en jeu le pronostic vital dans les premiers mois de la vie. Beaucoup de ces maladies débutent aussi dans l'enfance ou l'adolescence mais leur diagnostic précoce et leur prise en charge (métabolique, diététique, cardiologique, orthopédique) permettent à un nombre croissant d'enfants d'atteindre l'âge adulte.

(*) Phosphorylation oxydative : principal mécanisme de fabrication d'énergie par l'organisme


POURQUOI UN CENTRE DE REFERENCE ?

Le diagnostic de certitude de maladies mitochondriales requiert impérativement le recours à un centre expert clinique et biologique qui pose le diagnostic enzymologique et moléculaire et définit la stratégie thérapeutique et les modalités de prise en charge.

Pour des raisons de commodité évidentes, la prise en charge de ces enfants et adultes, souvent lourdement handicapés, se fait idéalement à proximité du domicile (équilibration de l'acidose métabolique, du diabète, nutrition entérale, kinésithérapie) sous la supervision du centre de référence. En revanche, la mise en oeuvre de thérapeutiques lourdes (transplantation d'organes, foie, coeur), les anesthésies ou les interventions chirurgicales longues requièrent le transfert dans des centres d'hospitalisation hautement spécialisés pour éviter les poussées de la maladie.

Le centre de référence doit enfin apporter l'expertise nécessaire au conseil génétique et au diagnostic prénatal et préimplantatoire rendu extrêmement complexe par l'hétérogénéité génétique de ces affections, l'absence de corrélations génotypephénotype et le petit nombre des gènes identifiés à ce jour.

Le centre de référence sur les maladies mitochondriales de l'enfant à l'adulte (CARAMMEL) est un réseau composé de cinq centres experts en matière de maladies mitochondriales. Il s'agit de trois centres franciliens (Necker-Enfants Malades, Sainte-Anne, Bicêtre et FAMA Necker-Béclère de DPI) et de deux centres de l'Ouest de la France (CHU d'Angers et CHU de Bordeaux). Ces cinq centres ont la particularité d'être associés à des formations de recherches INSERM travaillant sur les maladies mitochondriales et d'avoir développé des laboratoires de transfert dans le domaine de ces affections.


Sources :
www.orpha.net