Stomatologie Chirurgicale – Chirurgie Orale (kystes des mâchoires, avulsions "extractions dentaires")
La stomatologie est la spécialité médicale prenant en charge la bouche. Tous les chirurgiens maxillo-faciaux sont formés à la stomatologie et à la chirurgie orale. Trois pathologies fréquemment prises en charge sont abordées sur cette page du CHU de Bordeaux : les lésions osseuses maxillo-mandibulaires, les dents de sagesses incluses et les canines incluses.
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PRISE EN CHARGE DES LéSIONS OSSEUSES MAXILLO-MANDIBULAIRES
AVULSION (EXTRACTION) DES DENTS DE SAGESSE
PRISE EN CHARGE DE CANINE INCLUSE
PRISE EN CHARGE DES LéSIONS OSSEUSES MAXILLO-MANDIBULAIRES
Indications
Les os maxillaire (mâchoire du haut) et mandibulaire (mâchoire du bas) peuvent être le siège de nombreuses lésions. Ces lésions peuvent être de nature kystique (paroi cellulaire avec du liquide dedans) ou tumorale (amas de cellules). Plusieurs de ces lésions sont en lien avec le développement ou des pathologies dentaires, elles sont donc limitées aux mâchoires.
Les lésions les plus fréquentes sont les suivantes :
- Les lésions inflammatoires, kystiques ou granulomateuses, aussi appelées lésions inflammatoires péri-apicales d'origine endodontique (LIPOE), qui se développent en réaction à une problématique infectieuse dentaire.
- Les kystes dentigères qui se développent sur une dent incluse
- Les kératokystes odontogènes qui sont en lien avec le développement dentaire mais dont nous ne connaissons pas les facteurs de risque d'apparition
- Les améloblastomes qui peuvent être solides ou kystiques, dont nous ne connaissons pas les facteurs de risque d'apparition
Il existe une longue liste d'autres lésions : kyste odontogène glandulaire, granulome central à cellules géantes, kyste solitaire, etc.
Ces lésions doivent être prises en charge. L'évolution spontanée est une augmentation progressive de la taille de la lésion qui peut alors entraîner des pertes dentaires voire fragiliser la mâchoire. La prise en charge permettra une analyse microscopique (anatomo-pathologique) de la lésion et donc le diagnostic précis. En effet, les lésions ne présentent pas la même agressivité locale ni le même risque de récidive.
Prise en charge
L'intervention peut se dérouler sous anesthésie générale (complètement endormi) ou sous anesthésie locale selon ce que vous proposera votre chirurgien.Il y a deux situations principales :
-La lésion présente un fort risque de fracture mandibulaire : une décompression sera proposée dans un premier temps avec mise en place d'un drain pendant plusieurs mois. Cette technique permet de supprimer la pression occasionnée par la lésion, ce qui permet à l'os de cicatriser progressivement en périphérie. Une biopsie de la lésion peut être réalisée en même temps. Lorsque la cicatrisation osseuse est suffisante, un curetage de la lésion peut être réalisé.-La lésion ne présente pas de risque notable de fracture mandibulaire : un curetage de la lésion est alors réalisé par un abord endobuccal. Ce curetage vise à retirer la totalité de la lésion.
Les suites
Les suites dépendent de la taille et de la localisation de la lésion.Un œdème (gonflement) ainsi qu'une limitation de l'ouverture de la bouche sont fréquents. Les douleurs nécessitent la prise d'antalgiques. L'application de glace aide à diminuer les douleurs et le gonflement.
Il convient d'adapter son alimentation qui doit être froide le jour et le lendemain de l'intervention et molle pendant 3-4 jours.
Il peut y avoir des saignements. Il convient alors de rincer la bouche à l'eau froide puis d'appliquer une compresse sur la zone pendant au moins 5 minutes.
Fumer réduit la vitesse et la qualité de la cicatrisation tout en augmentant le risque d'infection.
Complications
Les suites dépendent de la taille et de la localisation de la lésion.En cas de proximité entre la lésion et les racines dentaires, une nécrose des dents est possible ce qui nécessitera un traitement endodontique (dévitalisation) des dents.
En cas de proximité entre la lésion et le nerf alvéolaire inférieur, une perte de la sensibilité des lèvres et du menton est possible.
En cas de proximité avec le sinus maxillaire ou les fosses nasales, il existe un risque de communication avec la bouche qui peut nécessiter une chirurgie secondaire.
Document
AVULSION (EXTRACTION) DES DENTS DE SAGESSE
Indications
Les dents de sagesse sont les troisièmes molaires, les dernières dents au fond de la bouche. Ces dents sont numérotées 18, 28, 38 et 48. Ce sont des dents normales, toutefois, en raison de la diminution progressive de la taille des mâchoires, elles sont le plus souvent retenues ou incluses. C'est-à-dire qu'elles « restent coincées » sous la gencive ou partiellement sorties. Elles peuvent aussi manquer, on parle alors d'agénésie dentaire, il n'est pas rare que les dents de sagesse soit au nombre de 2 ou 3, voire totalement absentes. L'absence des dents de sagesse n'occasionne pas de diminution des capacités masticatoires.Les dents retenues ou incluses peuvent occasionner des accidents d'évolution des dents de sagesse.
Les principaux accidents sont les suivants :
-Accidents infectieux : péricoronarite, cellulite faciale-Accidents kystiques : développement de kyste dentigère
-Accidents mécaniques : lésion de la deuxième molaire
Lorsque la dent est retenue, elle se trouve en position plus basse et donc plus proche du nerf alvéolaire inférieur qui chemine dans la mandibule (mâchoire du bas). Ce nerf est responsable de la sensibilité de la lèvre et du menton. Il existe un risque de conflit entre ce nerf et les racines de la dent de sagesse mandibulaire.
Il y a globalement trois cas de figures :
-La dent de sagesse est normalement en place sur l'arcade dentaire, c'est alors une dent comme une autre
-La dent de sagesse est retenue ou incluse (« coincée ») et occasionne un accident d'évolution : le traitement repose alors sur l'avulsion (extraction de la dent)
-La dent de sagesse est retenue ou incluse (« coincée ») et il n'y a pas la place suffisante pour permettre son éruption : il faut alors discuter d'une avulsion prophylactique pour éviter l'apparition d'un accident d'évolution, éviter le développement d'un conflit entre les racines dentaires et le nerf alvéolaire inférieur ou permettre le repositionnement dentaire
L'intervention
L'intervention peut se dérouler sous anesthésie générale (complètement endormi) ou sous anesthésie locale selon ce que vous proposera votre chirurgien.La gencive en regard de la dent est incisée et l'os fraisé pour exposer la dent. En fonction de la situation, la dent peut être découpée pour épargner l'os au maximum. La dent est alors extraite. Une suture peut être mise en place selon les cas, avec du fil résorbable.
Les suites
Un œdème (gonflement) ainsi qu'une limitation de l'ouverture de la bouche sont fréquents. Les douleurs, surtout pour les dents du bas, nécessitent la prise d'antalgiques. L'application de glace aide à diminuer les douleurs et le gonflement.La prise d'antibiotiques en postopératoire n'est pas systématique.
Il convient d'adapter son alimentation qui doit être froide le jour et le lendemain de l'intervention et molle pendant 3-4 jours.
Il peut y avoir des saignements. Il convient alors de rincer la bouche à l'eau froide puis d'appliquer une compresse sur la zone pendant au moins 5 minutes.
Fumer réduit la vitesse et la qualité de la cicatrisation tout en augmentant le risque d'infection.
Complications
L'avulsion des dents de sagesse est une chirurgie courante, elle n'est toutefois pas dénuée de risques. Il existe des risques d'infection postopératoire, de perte de la sensibilité de la lèvre et du menton par atteinte du nerf alvéolaire inférieur et plus rarement de perte de sensibilité de la langue par atteinte du nerf lingual.DOCUMENT
PRISE EN CHARGE DE CANINE INCLUSE
Indications
Les dents peuvent être coincées et ne pas sortir normalement. Les canines maxillaires (mâchoire du haut) sont les dents les plus souvent concernées, après les dents de sagesse, mais cela peut arriver à n'importe quelle dent. Il convient de rechercher la cause de l'obstacle, mais bien souvent, aucune cause n'est retrouvée.Une imagerie sera réalisée pour déterminer la position de la dent et vérifier l'absence d'ankylose (ossification qui bloquerait la dent).
Ces dents peuvent bénéficier d'une prise en charge pour être guidées en bonne position tout en conservant leur vitalité. Les canines sont des dents structurantes, il convient de privilégier au maximum leur préservation.
La prise en charge
La prise en charge est multidisciplinaire orthodontique et chirurgicale. En effet, il ne s'agit pas de tirer sur le dent pendant la chirurgie mais de positionner un dispositif sur cette dent coincée pour pouvoir la mettre en place progressivement par traction adaptée.-Prise en charge orthodontique : l'orthodontiste génère la place pour la dent sur l'arcade dentaire s'il n'y en a pas au préalable, il met en place un appareil sur les dents pour pouvoir tirer sur la dent incluse (traction orthodontique)
-Prise en charge chirurgicale : le chirurgien extrait la dent de lait persistante si elle est présente. Il dégage ensuite la dent incluse par voie vestibulaire (gencive extérieure) ou palatine (palais) en fonction de la position de la dent et colle un dispositif (bouton) sur la dent. Une suture avec des fils résorbables peut être réalisée.
-Prise en charge orthodontique : l'orthodontiste utilise alors cet ancrage pour tirer progressivement sur la dent et la mettre en place
La séquence est la même quelle que soit la dent considérée. Plusieurs dents peuvent être tirées en même temps.
Les suites :
Le suites sont relativement simples. Un œdème (gonflement) léger peut arriver. Les douleurs sont limitées.Il convient d'adapter son alimentation qui doit être froide le jour et le lendemain de l'intervention et molle pendant 2-3 jours.
Il peut y avoir des saignements. Il convient alors de rincer la bouche à l'eau froide puis d'appliquer une compresse sur la zone pendant au moins 5 minutes.
DOCUMENT
Information Janvier 2026 - source : service CHU de Bordeaux
