Quand la radiologie interventionnelle s'invite dans l'espace

En mars 2026, Novespace, basé à Mérignac, organisait la 70e campagne de vols paraboliques du Centre National d'Etudes Spatiales (CNES). A cette occasion, une équipe française de radiologues interventionnels, d'ingénieurs et de chercheurs, réunie au sein du de l'association IRIS, Interventional Radiology in Space, a conduit une expérimentation inédite en micropesanteur. 

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Le CHU de Bordeaux était représenté par le Dre Eva Fourage, cheffe de service en imagerie à l'hôpital Pellegrin, engagée dans ce projet à la croisée de la santé, de la recherche et du spatial.



Crédit photo : Seamus Thierry


Une collaboration structurée autour du projet IRIS 

Iris est une association dédiée au développement de la radiologie interventionnelle dans le domaine du spatial. Elle s'inscrit dans la continuité d'un partenariat initié en 2020 entre la Société Française de Radiologie (SFR), le CNES et l'Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales (MEDES), sous l'impulsion du Dr Jérôme Soussan et du Pr Vincent Vidal (AP - HM). Ce projet repose sur une dynamique collaborative réunissant établissement de santé, équipes de recherche et acteurs du secteur aéronautique. 

Adapter la radiologie interventionnelle aux contraintes du spatial 

A ce jour, en dehors des traitements médicamenteux, aucune prise en charge interventionnelle n'est réalisable dans l'espace. En cas de pathologie nécessitant un geste, un rapatriement sur Terre est indispensable. Par son caractère mini-invasif, l'absence d'incision, son besoin limité en matériel et la standardisation des procédures, la radiologie interventionnelle présente des caractéristiques compatibles avec les contraintes du milieu spatial où les ressources embarquées sont limitées. Le Dre Eva Fourage, cheffe de service en imagerie à l'hôpital Pellegrin - CHU de Bordeaux, témoigne « en général, il n'y a pas besoin d'anesthésie générale, qui est quasi impossible dans l'espace. Il n'y a pas besoin d'une asepsie aussi importante qu'en chirurgie, donc on peut potentiellement développer des gestes thérapeutiques qui ne peuvent pas être faits sur des vols habités lointains. »

Une expérimentation en micropesanteur 

Les essais ont été réalisés à bord de l'Airbus A310 ZERO-G, lors de vols paraboliques opérés par Novespace. Chaque vol comporte 31 paraboles, permettant de recréer environ 22 secondes de micropesanteur.
Trois vols ont permis de tester deux techniques de drainage dans un modèle de néphrostomie : la ponction directe et la technique de Seldinger. Dix radiologues interventionnels dont le Dre Eva Fourage et trois participants novices ont pris part à ces expérimentations.
L'ensemble des participants a pu réaliser les gestes de ponction. En parallèle, des observations ont été menées sur le comportement des fluides en micropesanteur, en vue de préparer de futures études.


Crédit photo : Seamus Thierry

Une première étape vers de nouvelles pratiques 

Ces campagnes ont pour objectif d'évaluer la faisabilité et la sécurité des gestes de radiologie interventionnelle en micropesanteur ainsi que les adaptations nécessaires du matériel. Elles permettent d'identifier les contraintes spécifiques liées à cet environnement et de préparer l'évolution des pratiques. Cette première étape ouvre la voie à l'étude de procédures plus complexe. 
IRIS développe plusieurs axes de travail, notamment la conception de matériel adapté au spatial, amorcée dès 2022 dans le cadre du MITBO challenge. La formation des astronautes constitue également un enjeu central. L'étude Asclépios 3, pilotée par le Pr Julien Frandon (CHU de Nîmes) a montré la possibilité d'acquérir et de maintenir des compétences en drainage après entrainement. 


Crédit photo : Seamus Thierry

Des collaborations sont également engagées avec différents partenaires, notamment Iplay pour la réalité augmentée et SpartanSpace pour la simulation de scénarios médicaux en environnement lunaire. Au-delà des applications spatiales, ces travaux contribuent à améliorer la prise en charge en milieux isolés, notamment en lien avec les médecins des Terres Australes et Antarctiques Françaises.

Et après ? 

La publication des résultats de cette première campagne de vols en micropesanteur est attendue dans les prochains mois. Le projet IRIS poursuivra ensuite ses développements à travers de nouvelles expérimentations et collaborations. 

Pour plus d'informations, vous pouvez visionner cette vidéo : 





Informations mars 2026