Résultats de l'étude SAGA : Arrêt des statines après 75 ans
Coordonnée par les Prs Fabrice Bonnet, du CHU de Bordeaux, et Jean-Philippe Joseph, du Département de médecine générale de l'Université de Bordeaux, l'étude SAGA apporte de nouvelles données sur l'arrêt des statines chez les personnes âgées de 75 ans et plus, sans antécédent cardiovasculaire.
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l'étude saga
Cet essai randomisé national, mené en conditions réelles auprès de 1 180 participants, montre que l'arrêt des statines n'est pas inférieur à leur poursuite en termes de mortalité toutes causes confondues à trois ans. Résultats publiés dans la revue The Lancet Healthy Longevity.

Figure: SAGA/SITE: expanding patient choice, not creating a new default strategy SAGA/SITE supports individualised, shared decision making about statin discontinuation after the age of 75 years, considering frailty, polypharmacy, life expectancy, cardiovascular risk, medication tolerance, and patient priorities.
Un essai
randomisé
L'étude a inclus 1 180 participants âgés de 75 ans ou plus, prenant une statine depuis au moins un an dans le cadre d'une prévention primaire des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses. Aucun ne présentait d'antécédent cardiovasculaire. Les participants ont été répartis entre deux groupes : l'un poursuivant son traitement par statine, l'autre l'arrêtant. Ils ont ensuite été suivis pendant 36 mois dans 297 cabinets de médecine générale. L'âge médian des participants était de 80 ans. Près de 30 % étaient diabétiques et 77 % souffraient d'hypertension artérielle
Une
mortalité comparable entre les 2 groupes
Après trois ans de suivi, 48 participants sur 604 (7,9 %) dans le groupe
ayant poursuivi leur statine étaient décédés, contre 35 sur 484 (7,2 %) dans le
groupe ayant arrêté le traitement. L'analyse montre que l'arrêt des statines
est non inférieur à leur poursuite concernant la mortalité toutes causes
confondues à trois ans. Aucune différence significative n'a par ailleurs été
observée entre les deux groupes concernant les événements cardiovasculaires
majeurs, la qualité de vie ou les événements indésirables graves. Ces résultats
suggèrent ainsi que, chez les personnes âgées de 75 ans et plus traitées par
statine en prévention primaire et sans antécédent cardiovasculaire, l'arrêt du
traitement n'entraîne pas d'augmentation du risque de décès sur trois ans par
rapport à sa poursuite.
Une décision à individualiser
Cette étude apporte pour la première fois des données robustes issues d'un essai randomisé chez des patients âgés de 75 ans et plus sans antécédent cardiovasculaire. Ces résultats montrent que l'arrêt des statines peut être envisagé sans augmentation du risque de mortalité à trois ans. Ils doivent désormais nourrir une décision partagée entre le patient et son médecin, en tenant compte du contexte clinique, des préférences du patient et de l'ensemble de ses traitements. Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats ne signifient pas que les statines doivent être systématiquement arrêtées après 75 ans. Ils plaident plutôt pour une évaluation individualisée du rapport bénéfice-risque et une décision partagée entre le médecin et le patient.