[EREA] Soirée-débat "L'Homme augmenté : l'éthique face au transhumanisme" le 14 septembre 2017 à Bordeaux

Le transhumanisme nous promet que les progrès de la science vont permettre d'améliorer nos capacités physiques et intellectuelles et que la technologie mènera un jour à l’émergence d’une nouvelle espèce humaine, améliorée, augmentée, débarrassée de la maladie, de la souffrance, du vieillissement et même de la mort.

De nombreuses  questions éthiques sont soulevées par ce franchissement des frontières entre la technologie qui soigne et qui répare, et la technologie qui permettrait de dépasser les limites de l’espèce humaine.

AfficheTranshumanismeBANDE-ANNONCE


Soirée débat organisée par l’EREA le jeudi 14 septembre 2017, à la Maison Cantonale de Bordeaux Bastide, de 19h à 21h

ENTREE LIBRE ET GRATUITE - OUVERT A TOUS


Les progrès technoscientifiques : derrière les avancées réelles, des dérives possibles ?

La technologie peut être une alternative aux médicaments lorsqu’ils ne peuvent répondre à un problème de santé : pacemakers, fécondation in-vitro, prothèses, objets connectés font maintenant partie de notre quotidien. La recherche avance et permet l’amélioration croissante des conditions de vie de personnes malades ou handicapées. Pour ne donner que quelques exemples, citons ces puces placées dans le cerveau permettant de commander des membres-robots grâce à la pensée ; cette interface cerveau-ordinateur permettant à des patients ne pouvant pas communiquer, d’écrire quelques mots par minutes ; ou encore ces implants oculaires chez des personnes aveugles... On parle alors de technologies au service du patient.

Le « transhumanisme » pourrait commencer lorsque l’objectif n’est plus seulement de soigner ou d’aider les personnes en situation de handicap.

En effet la frontière entre la maladie et la bonne santé n’est pas stricte, elle se déplace selon les époques et les situations, elle devient floue et elle est même de plus en plus perdue de vue. La tentation de l’ « homme augmenté », plutôt que de l’ « homme réparé » est ainsi bel et bien présente. Citons pour exemple le dopage, la prise de médicaments pour améliorer ses performances cognitives, ou l’exosquelette de l’armée américaine permettant à ses soldats de porter de lourdes charges.

Si l’on considère que l’humanité est trop faible, vulnérable, incompétente et sans avenir, la recherche de performance s’emballe,

et sont alors proposés un corps parfait, des organes de rechange, un cerveau plus performant, une mémoire augmentée, une reproduction par clonage, la détection des maladies grâce aux nano-robots, des modifications génétiques à la carte et en point d’orgue : l’immortalité, nouveau Graal contemporain. Cette vision de la société définissant en partie le courant transhumaniste questionne à plusieurs titres.

Le transhumanisme constitue-t-il déjà en lui-même une dérive du progrès scientifique ?

Au niveau individuel

  • Pourquoi voulons-nous devenir ces humains «  augmentés » ?
  • Quelle est la finalité de ces changements ?
  • Veut-on vraiment éliminer le hasard et l’incertitude dans nos vies ?
  • Et si nous gagnions à conserver notre vulnérabilité, qui nous permet de continuer à communiquer, plutôt que de risquer de devenir des êtres plus performants mais plus solitaires ?
  • Quelle pression aurions-nous sur les épaules si ces techniques se démocratisaient  et pourrions-nous refuser ces nouvelles propositions ?

Au niveau sociétal

  • Comment choisirait-on les bénéficiaires de ces progrès ?
  • Continuerait-on à s’occuper des plus « faibles » ?

De profonds changements  pourraient découler de ces avancées technologiques,

et favoriser  pourquoi pas l’apparition d’une société à 2 modèles d’humanité, due au clivage entre ceux qui accéderaient à ces modifications et deviendraient ainsi la « norme » et ceux qui ne le pourraient ou ne le voudraient pas.
Et si le transhumanisme mettait fin à l’espèce humaine ?

Face à ces enjeux, la réflexion éthique comme garde-fou.

Les questions soulevées par les progrès technoscientifiques sont de plus en plus nombreuses et incitent fortement à les accompagner d’une réflexion éthique quel que soit le champ  où elles s’opèrent : santé, industrie…
Lors de la rencontre le 14 septembre ouverte à tous et animée par M. Bernard Broustet (journaliste), différentes pistes de réflexion seront abordées, avec le point de vue du médecin (Pr. Jean-Didier Vincent, Neuropsychiatre et Neurobiologiste, membre de l’Académie des Sciences et de l'Académie de Médecine) et du philosophe (Pr. Jean-Michel Besnier, Philosophe, Philosophie des Technologies d’Information et de Communication, Université Paris Sorbonne).
 Les intervenants tenteront de définir ces nouveaux concepts et de mettre en avant ce que l’on peut attendre des avancées technologiques et ce que l’on pourrait redouter, en menant une réflexion éthique basée sur les connaissances scientifiques que nous avons aujourd’hui.
 
  • Flyer L'Homme augmenté : l'éthique face au transhumanisme
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  • Affiche L'Homme augmenté : l'éthique face au transhumanisme
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Information : 01/08/2017