Les maladies rénales rares du Sud-Ouest
Que signifie maladies rénales rares de l’enfant et de l’adulte ?
Ces pathologies ont en commun : une incidence rare, une présentation clinique phénotypique variable selon l’âge, pouvant poser des difficultés diagnostiques.
Elles comptent 3 groupes :
1. Les anomalies congénitales du développement rénal : hypoplasie et dysplasies se caractérisent par une réduction de la masse du tissu rénal fonctionnel. Elles sont parfois associées à des syndromes polymalformatifs, et souvent asymptomatiques.
2. Les maladies rénales monogéniques identifiées peuvent toucher n’importe quelle structure du néphron et nécessitent une prise en charge spécifique et précoce :
tubulopathies
maladies kystiques : dysplasie kystique, polykystose rénale récessive,polykystose dominante de l’enfance, sclérose tubéreuse de Bourneville, maladie de von Hippel-Lindau.
syndromes glomérulokystiques
maladies tubulo-interstitielles : néphronophtise …
maladies glomérulaires : syndrome d’Alport ….
lithiases métaboliques : oxaloses, cystinurie-lysinurie…
tumeurs rénales, héréditaires ou non (Wilms)
NB la polykystose rénale dominante de l’adulte (fréquence 1/1000 naissanes) sort du champ d‘application des maladies rares.
3. Les syndromes néphrotiques :
Néphrose idiopathique (2/100 000 enfants/an, dont 10% persistent à l’âge adulte)
Les autres glomérulopathies chroniques idiopathiques (glomérulonéphrites extra-membraneuses idiopathiques de l’enfance, ou par alloimmunisation foetale….)
Chez l’adulte, on peut ajouter à cette liste les maladies héréditaires rénales à développement lent ou à phénotype atténué.
Dans le 1er groupe sont inclus la néphropathie familiale hyperuricémique avec goutte précoce, la maladie de Fabry, les maladies héréditaires du métabolisme avec retentissement rénal (glycogénose de von Gierke, porphyries intermittentes, déficit en LCAT, glomérulopathie lipoprotéinique), les amyloses héréditaires (FMF, transthyrétine, lyzozyme, apolipoprotéine AI, etc).
Dans le 2nd groupe citons les cytopathies mitochondriales, les maladies par mutations de HNF-1b, la cystinurie, les prédispositions au développement héréditaires de cancers du rein. Cette liste n’est volontairement pas exhaustive, mais reflète le grand nombre d’affections rénales rares.
A quoi sont dues ces pathologies ?
Leur cause est génétique, environnementale ou encore incertaine.
6. Prise en charge aux âges charnières
Dépistage ante natal de malformations rénales
Une malformation du haut appareil urinaire est décelée dans 1% des grossesses et les formes sévères sont référées au centre pluridisciplinaire de diagnostic anténatal propre à chaque région.
Selon la gravité de l’anomalie, une décision d’interruption de grossesse, ou de simple surveillance péri et post-natale est retenue. Les critères décisionnels, insuffisamment standardisés, sont probablement hétérogènes et n’ont pas été évalués. Les informations issues de l’examen foetopathologique lorsqu’une interruption de grossesse est décidée n’ont pas fait l’objet de vastes travaux prospectifs.
Lorsque la grossesse est poursuivie, la surveillance de l’enfant dans le post-partum est laissée à l’appréciation du néo-natologiste ou du pédiatre. Là encore nous manquons d’information précises sur le devenir à court et long terme des enfants porteurs de ces anomalies et sur la fréquence des récurrences à l’occasion des grossesses ultérieures chez la mère. Rassembler ces données dans un vaste échantillon de population française, tenter d’éclairer les mécanismes en cause, surveiller durablement les individus dépistés à l’aide d’un registre, et peut-être parvenir à des propositions consensuelles de prise en charge avant et après la naissance serait utile.
La difficulté de la transition adolescence/adulte
Cette difficulté est bien connue des pédiatres. Elle est sous-estimée par les médecins d’adultes. Un certain nombre d’écueils peuvent être évités. Sensibiliser les néphrologues d’adultes, suggérer des pistes (consultation charnière commune, à l’instar de ce qui est déjà pratiqué par F Bouissou et J Pourrat à Toulouse), organiser le rappel systématique des jeunes adultes qui ne se présentent pas à leur consultation sont des options simples et efficaces pour éviter une rupture de suivi spécialisé.
Sensibiliser les médecins et désigner une infirmière du secteur adulte « référente » pour la transition fait parti de nos projets à Toulouse. Dans cette période, les risques d’aggravation de la néphropathie à l’occasion d’une grossesse doivent être détaillés aux couples où la femme est atteinte d’une néphropathie. Les pédiatres évoquent peu cette question qui est pourtant une préoccupation régulière à l’orée de l’âge adulte. Elaborer à l’intérieur des 4 régions une approche standardisée sur ces questions et élaborer un « référentiel de transition » fait partie des objectifs à l’échéance de 2 années.
7. Formation et information
La mise à jour régulière pour la prise en charge optimale des maladies rares nécessite une « veille médicale » qui ne peut être effectuée par tous les praticiens d’une spécialité. C’est donc la responsabilité spécifique des coordonnateurs de ce projet, avec une diffusion des informations en 2 cascades : d’une part, à l’intérieur des équipes des CHU impliqués, d’autre part en s’aidant des Associations régionales de Néphrologues. La diffusion des connaissances sera organisée (1) à l’occasion des confrontations anatomo-cliniques mentionnées plus haut ; (2) à l’occasion des réunions régionales de Néphrologie (2 ou 3/an selon les régions).
8. Informer les patients et leurs familles
-Participation à l'action d'associations de patients : AIRG (Association pour l'information et la recherche sur les maladies rénales génétiques) - Cystinosis Foundation France - NDI Foundation (Diabète Insipide Néphrogénique Congénital) –
-Rédaction et diffusion de livrets d’information sur les maladies rénales héréditaires pour l’AIRG.
9. Collaboration interrégionale
pour l’enseignement (DES de Néphrologie et de Pédiatrie)
pour la recherche
PHRC sur la polykystose et son évaluation par IRM…