Dans les années 1930, sous l’impulsion du maire de la ville de Bordeaux, Jacques D’Wells, architecte urbaniste, soumit un projet de grand hôpital moderne de 1 000 lits qui serait édifié dans la partie Est du domaine de Pellegrin "qui présente des pentes bien orientées sur le versant Sud de la vallée du Peugue dans le quartier très aéré de Saint-Augustin".
La réalisation de ce projet révolutionnaire pour l’époque se trouva compromise par la tourmente des années 1939-1945.
Mais l’idée d’un grand hôpital à Pellegrin ne cessera de progresser dans les esprits et d’être évoquée lors des débats des différentes assemblées consultatives ou délibératives du C.H.U. Tout cela ne se concrétisa en terme de projet, que dans les années 1958-1960, années d’application de la réforme hospitalo-universitaire, la réalisation effective de ces projets n’intervenant que dans la décennie 1970-1980.
Semblable à la démarche du Professeur Demons qui cherchait en 1900 à la Cité des Cliniques à Moscou les nouvelles configurations architecturales qu’il appliquera lors de la réalisation de Tastet-Girard, une mission confiée à M. Mathieu, architecte urbaniste, se rendit dans les différentes villes européennes connues pour leurs réalisations hospitalières d’avant-garde.
Elle fit le constat "que les anciens hôpitaux, notamment de Bordeaux, établis dans un but de pure hospitalisation, s’étaient peu à peu équipés par l’adjonction désordonnée de bâtiments divers au fur et à mesure de l’évolution des techniques hospitalières".
Dès lors, les conclusions de cette enquête conduisirent les responsables hospitaliers vers une nouvelle réflexion quant à la programmation de services hospitaliers mieux adaptés et conformes aux impératifs techniques et médicaux contemporains.
Ainsi dans la période intermédiaire, divers projets furent réalisés : le pavillon de traumatologie confié au Professeur Louis Pouyanne en 1955 qui accéda rapidement à une forte notoriété, la clinique obstétricale du Professeur Mahon, ainsi que l’édification de bâtiments préfabriqués, préfiguration selon certains esprits chagrins du futur centre hospitalier, permettant de répondre aux difficultés de fonctionnement les plus aiguës des services médicaux et chirurgicaux.