La vétusté de certains services de l’hôpital Saint-André incitèrent en effet au XIXème siècle divers praticiens, les Docteurs Gintrac et Levieux en particulier, à proposer et défendre un projet d’hospice général de 1 000 lits.
Ce projet se concrétisa par l’acquisition en 1862 du domaine de Pellegrin puis en 1865 de celui de Canolle. Les constructions débutèrent en 1867 sur les plans des architectes Laval et Labbe.
Les travaux, interrompus pour faits de guerre en 1870, puis repris en 1873, feront l’objet de violents débats au sein du Conseil Municipal dénonçant la "désastreuse" aventure de l’hospice général qui devait comprendre : l’école d’accouchements, les enfants assistés, les incurables, les vieillards, voire "la construction d’une infiniment trop dispendieuse maison d’accouchements dont le faste contraste visiblement avec sa très humble destination !"
Malgré ces critiques parfois surprenantes, le vice-président de la commission administrative remettait le 29 octobre 1877 au sénateur-maire Emile Fourcand les clés du nouvel édifice comprenant les bâtiments destinés aux incurables et la maternité à laquelle le Professeur Ore rendait hommage : "Nous avons substitué à une maison où la fièvre puerpérale existait pour ainsi dire à l’état endémique une maternité modèle"
Le nombre de pavillons fixé primitivement à quinze fut ramené à huit puis à six.
Le service intérieur fut confié aux Dames de Nevers.
A la ligne architecturale très classique de ces pavillons succédera à la fin du XIXème siècle (1890-1893) une construction aux lignes plus massives et à l’allure de forteresse, l’hôpital du Tondu.
Le projet de la municipalité était de regrouper dans cet établissement les prostituées vénériennes qui étaient alors hébergées dans le vieil hôpital Saint-Jean. Mais ce projet n’aura pas de suite immédiate, les prostituées étant finalement dirigées, sur la proposition du maire Paul-Louis Lande en accord avec le doyen Pitres, au deuxième étage de l’hôpital Saint-André, salle 22 en milieu fermé très exactement. Or du fait d’un environnement hostile, il faudra les regrouper, après quelques péripéties, dans un établissement annexe de l’hôpital du Tondu.
Pendant ce temps, le corps médical était réticent à occuper des locaux qui n’avaient pas été prévus pour lui dans un bâtiment qu’il jugeait d’allure carcérale et très éloigné du centre. En outre, les médecins concernés restaient confiants dans l’aboutissement d’un projet qui prévoyait l’installation des cliniques annexes à la place des casernes Saint-Raphaël dans le cadre de l’hôpital Saint-André.