La durée des études est de 3 ans. Elle est répartie sur deux cycles : le 1er cycle correspond à la 1ère année, le 2ème cycle est réparti sur les 2ème et 3ème années.
1. L'institut de masso-kinésithérapie du
CHU de BORDEAUX
Notre établissement est un institut public qui fait partie du
CHU de BORDEAUX et qui est financé par le Conseil Régional d’Aquitaine. Il accueille des promotions de 45 étudiants, sur 3 années.
Notre équipe est composée de cinq personnes, madame Valérie LOZANO, directrice, madame Annie PRÉVOT, secrétaire, et messieurs Philippe SEYRÈS, Michel GUATTERIE, et Alain ROUVILLOIS, cadres de santé masseurs-kinésithérapeutes, cadres formateurs.
2. Les objectifs de la formation : développer le professionnalisme en masso-kinésithérapie
Notre objectif est de préparer les futurs masseurs-kinésithérapeutes à leur métier en développant le professionnalisme, qui correspond à des normes élevées de compétences et de valeurs professionnelles.
2.1. Les compétences attendues
Dans le cadre de notre mission de formation, nous devons nous conformer à la réglementation des études et au programme défini par l’annexe du décret du 5 septembre 1989 (Cf. Annexes 1 et 2). Celui-ci est en cours de réforme dans un processus de réingénierie du diplôme d’Etat et dans l’optique d’une formation organisée selon des modalités universitaires. C’est pourquoi, dans l’attente, pour situer notre action dans l’optique du professionnalisme, nous nous référons aussi aux textes législatifs et réglementaires qui encadrent la profession de masseur-kinésithérapeute dans le Code de la santé publique.
En outre, d’autres textes issus du Ministère de la Santé ou d’organisations professionnelles et qui offrent une vision élargie du métier, nous semblent devoir être pris en compte car ils correspondent aux évolutions de la profession depuis 10 ans, notamment en ce qui concerne les sciences humaines, l’évaluation et la recherche.
Enfin, nous souhaitons d’ores et déjà retenir les grandes orientations de la réforme des études à venir au travers des 10 compétences qui seront exigées pour obtenir le diplôme d’Etat car elles offrent une synthèse de notre vision d’une formation de masseur-kinésithérapeute en phase avec les évolutions actuelles de la politique de santé.
2.1.1. La masso-kinésithérapie définie dans le Code de la Santé Publique (CSP)
Dans la partie Législative du CSP, l’article L4321-1 définit la profession :
« La profession de masseur-kinésithérapeute consiste à pratiquer habituellement le massage et la gymnastique médicale.
La définition du massage et de la gymnastique médicale est précisée par un décret en Conseil d'Etat, après avis de l'Académie nationale de médecine.
Lorsqu'ils agissent dans un but thérapeutique, les masseurs-kinésithérapeutes pratiquent leur art sur ordonnance médicale et peuvent prescrire, sauf indication contraire du médecin, les dispositifs médicaux nécessaires à l'exercice de leur profession. La liste de ces dispositifs médicaux est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale après avis de l'Académie nationale de médecine. »
La profession de masseur-kinésithérapeute fait partie des professions d’auxiliaires médicaux, professions construites comme des dérogations au monopole médical et dont l’habilitation est soumise au contrôle médical. Dans un but thérapeutique, les masseurs-kinésithérapeutes exercent donc, sur ordonnance médicale, dans un champ étendu de spécialités, des actes précisés par décret.
Dans la partie Réglementaire du CSP (Cf. Annexe 3), la définition de la masso-kinésithérapie, ses techniques, ses champs d’application et ses modalités de mise en ½uvre sont précisés dans les articles suivants :
Article R4321-1
La masso-kinésithérapie consiste en des actes réalisés de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, qui ont pour but de prévenir l'altération des capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou d'y suppléer. Ils sont adaptés à l'évolution des sciences et des techniques.
Article R4321-2
Dans l'exercice de son activité, le masseur-kinésithérapeute tient compte des caractéristiques psychologiques, sociales, économiques et culturelles de la personnalité de chaque patient, à tous les âges de la vie. Le masseur-kinésithérapeute communique au médecin toute information en sa possession susceptible de lui être utile pour l'établissement du diagnostic médical ou l'adaptation du traitement en fonction de l'état de santé de la personne et de son évolution.
Dans le cadre de la prescription médicale, il établit un bilan qui comprend le diagnostic kinésithérapique et les objectifs de soins, ainsi que le choix des actes et des techniques qui lui paraissent les plus appropriés. Ce bilan est adressé au médecin prescripteur et, à l'issue de la dernière séance, complété par une fiche retraçant l'évolution du traitement kinésithérapique, également adressée au médecin prescripteur.
Article R4321-6
Le masseur-kinésithérapeute est habilité à procéder à toutes évaluations utiles à la réalisation des traitements mentionnés à l'article R. 4321-5, ainsi qu'à assurer l'adaptation et la surveillance de l'appareillage et des moyens d'assistance.
Article R4321-12
Le masseur-kinésithérapeute est habilité à participer à la réalisation de bilans ergonomiques et à participer à la recherche ergonomique.
Article R4321-13
Selon les secteurs d'activité où il exerce et les besoins rencontrés, le masseur-kinésithérapeute participe à différentes actions d'éducation, de prévention, de dépistage, de formation et d'encadrement.
Ces actions concernent en particulier :
1º La formation initiale et continue des masseurs-kinésithérapeutes ;
2º La contribution à la formation d'autres professionnels ;
3º La collaboration, en particulier avec les autres membres des professions sanitaires et sociales, permettant de réaliser des interventions coordonnées, notamment en matière de prévention ;
4º Le développement de la recherche en rapport avec la masso-kinésithérapie ;
5º La pratique de la gymnastique hygiénique, d'entretien ou préventive.
Notre projet de formation s’appuie sur ces articles qui définissent le masseur–kinésithérapeute comme thérapeute des capacités locomotrices et fonctionnelles et de l’autonomie, exerçant non seulement dans le domaine de la rééducation mais aussi dans les champs de la prévention et de la réadaptation.
Dans tous les domaines où il est amené à exercer, le masseur-kinésithérapeute tient compte de l’environnement du patient et du contexte dans lequel se situe son intervention. Il ne peut se contenter d’un programme standardisé, de protocoles, d’une hyper technicité et doit être capable de s’adapter à chaque situation particulière.
Le masseur-kinésithérapeute communique avec le médecin notamment par l’intermédiaire du diagnostic kinésithérapique. Il est un partenaire du médecin auquel il apporte des données issues de son expertise. Il doit savoir quelles informations transmettre et comment le faire. Il s’inscrit dans une équipe pluri-professionnelle, même dans le cadre de l’exercice libéral, et doit envisager son intervention comme l’une des parties (intégrante) du projet thérapeutique.
L’intérêt de la réglementation définissant les compétences en matière d’évaluation, de formation et de recherche est majeur car il traduit l’autonomisation de la profession avec son corollaire, le développement de la responsabilité.
Pour poser un diagnostic kinésithérapique, qui représente une démarche de raisonnement fondant toute l’ingénierie de rééducation, le masseur-kinésithérapeute doit connaître le champ de son expertise et être compétent dans son domaine. Il doit en outre être convaincu de sa légitimité et être capable d’affirmer ses choix et de les argumenter. Pour ce faire, il a l’obligation de maintenir tout au long de sa vie professionnelle des compétences et des connaissances élevées et actualisées.
Toutes ces exigences sont reprises dans le code de Déontologie des masseurs-kinésithérapeutes (Cf. Annexe 3 bis)
Nous considérons l’ensemble de ces points comme les bases de compétences à développer au cours de la formation.
2.1.2. Le métier précisé dans le « Répertoire des métiers » de la
DHOS (2008) et dans le document « Points de références de la Kinésithérapie » du WCPT (2003)
L’ensemble des compétences définies par les textes réglementaires est repris et détaillé dans ces documents (Cf. Annexe 4 et Annexe 5). De surcroît, les dimensions relationnelles et communicationnelles du métier de masseur-kinésithérapeute y sont mises en relief. Les « compétences à la relation humaine » constituent une part considérable du métier, et dans les textes plus anciens elles étaient rarement affirmées comme compétences à part entière voire souvent minimisées par les professionnels eux-mêmes. L’un des objectifs affichés de notre formation est de développer ces compétences.
Les capacités d’organisation et de collaboration sont aussi présentées comme indispensables à l’exercice professionnel et doivent être retenues comme objectifs de formation.
2.1.3. Les 10 compétences prévues dans le cadre de la réforme du diplôme d’Etat (non encore en vigueur)
Les 10 compétences qui ont été définies par le groupe de travail professionnel sous l’égide du ministère dans le cadre de la réingénierie du diplôme d’Etat offrent un cadre pour les objectifs de formation au travers des exigences attendues à l’issue de la formation. (Cf. annexe 7)
Compétence 1 : Elaborer un diagnostic en kinésithérapie
Compétence 2 : Concevoir et conduire un projet d’intervention en kinésithérapie
Compétence 3 : Mettre en ½uvre les activités de rééducation, de réadaptation, de réinsertion et de réhabilitation dans le domaine de la kinésithérapie
Compétence 4 : Concevoir et conduire une démarche de conseil, d’éducation, de prévention et dépistage en kinésithérapie et en santé publique
Compétence 5 : Conduire une relation dans un contexte d’intervention kinésithérapique
Compétence 6 : Analyser et améliorer sa pratique professionnelle
Compétence 7 : Rechercher et traiter des données scientifiques et/ou professionnelles
Compétence 8 : Gérer une structure et ses ressources
Compétence 9 : Coordonner des activités de santé
Compétence 10 : Informer et former des professionnels et des personnes en formation
La tête de liste « l’élaboration du diagnostic kinésithérapique » coïncide parfaitement avec notre objectif qui est de former des professionnels aptes à construire une réflexion argumentée avant d’engager le projet rééducatif.
En intégrant les concepts d’éducation, de prévention, de formation, de recherche, d’analyse critique et de démarche qualité ainsi que toutes les compétences en sciences humaines, cette liste de compétences correspond parfaitement aux objectifs de formation que notre institut affiche depuis 2006 et continuera de développer.
2.2. L’ingénierie de rééducation en kinésithérapie, fil conducteur de la formation
Si les masseurs-kinésithérapeutes ont un rôle reconnu de conseil, d’évaluation d’une situation avec une approche spécifique complémentaire de l’approche médicale, cette expertise leur impose d’être des « ingénieurs » en rééducation ayant la capacité à élaborer le diagnostic kinésithérapique et à l’utiliser pour concevoir la stratégie thérapeutique.
La formation doit donc amener les futurs masseurs-kinésithérapeutes à être capables de concevoir la rééducation qu’ils proposent, à la mettre en ½uvre et à en évaluer les résultats.
Former à la méthodologie de la recherche doit aussi faire partie des objectifs de formation.
Cette ambition suppose une démarche réflexive qui doit être menée progressivement tout au long de la formation en s’appuyant sur l’alternance stages / enseignements. Les futurs professionnels doivent acquérir une méthodologie de raisonnement leur permettant de s’adapter à toutes les situations professionnelles quelque soit leur domaine d’exercice. Pour ce faire, tout au long de la formation les futurs professionnels sont incités à avoir une démarche active et personnelle de réflexion sur les pratiques. L’expérience clinique acquise au cours des stages est analysée progressivement, selon une complexité ajustée en fonction du niveau d’études (la 1ère année correspondant à la découverte du métier, la 2ème année permettant de découvrir l’exercice professionnel et la 3ème année préparant à l’exercice du métier).
2.3. Les valeurs
Elles sont les bases morales qui représentent l’éthique de notre profession et qu’il nous semble indispensable de transmettre aux étudiants en formation :
• L’altruisme : il est en lien avec l’empathie et la capacité d’aider autrui de manière désintéressée.
• Le respect de la personne : il correspond à notre vision humaniste du métier de masseur-kinésithérapeute. Le respect consiste à appréhender l’autre comme une personne, pour ce qu’elle est et telle qu’elle est, dans une relation d’estime réciproque. Il implique la politesse, une certaine réserve et le ménagement de la pudeur. Il permet la confiance réciproque.
Cette valeur est aussi requise dans la relation pédagogique.
• La responsabilité : elle implique de connaître son rôle, ses devoirs, de prévoir les conséquences de ses actes, et doit conduire à faire ses choix et à agir en envisageant les répercussions de ses actions. Elle suppose le souci de l’amélioration continuelle de ses connaissances, de ses compétences et de ses attitudes professionnelles, la capacité à reconnaître ses limites et à chercher l’aide d’autres professionnels.
• La rigueur : en exigeant de la précision et de la régularité, elle doit assurer la fiabilité des réflexions et des actions.
• L’autonomie : elle laisse à chacun une latitude de décision et permet de s’engager dans l’action avec une certaine marge de liberté, elle est cependant contrainte par les éléments de l’environnement, du contexte et par les lois et règlementations.
• L’esprit critique, l’esprit de recherche : il signifie curiosité et capacité à s’interroger et à rechercher les solutions les mieux adaptées, à remettre en question des certitudes, des dogmes, des croyances et des représentations.
La transmission de ces valeurs implique d’associer une réflexion éthique à la formation thérapeutique.